Les chutes constituent l'un des principaux risques pour la santé des personnes âgées et représentent la plus grande cause de douleurs, de troubles fonctionnels et de handicaps dans la population vieillissante. Elles s’accompagnent aussi de sérieuses répercussions à l’endroit des proches aidants. En effet, ceux-ci sont confrontés à d’importantes sources d’inquiétude, de stress et d’anxiété, ce qui se traduit souvent par de l’épuisement et de la détresse psychologique. En fait, l’ampleur de la problématique des chutes est si grande qu’elle est reconnue comme un problème de santé publique au Québec et au Canada.
L'on estime qu'environ un tiers des aînés font une chute au cours de l’année et que la moitié d’entre eux en font plus d’une.1 En 2008-2009, au Centre de santé et de services sociaux de Kamouraska (CSSSK2), 55 % des incidents-accidents enregistrés étaient reliés à des chutes, dont la moitié présentait des conséquences incluant l’hospitalisation, l’institutionnalisation ou le décès. Ainsi, non seulement la fréquence de ces accidents est élevée, mais leur gravité l’est tout autant. Par ailleurs, les tendances démographiques accroissent l’urgence de cette problématique puisqu’un nombre croissant d’aînés ayant des problèmes de santé chronique ou une invalidité vivent plus longtemps et choisissent de vivre dans la collectivité.
Bien qu’il s’agisse d’une tendance bien amorcée, il est possible d’en diminuer les impacts, notamment en adoptant des politiques et des programmes adaptés.3 Au Bas-Saint-Laurent, les principaux acteurs en soins de santé à domicile souhaitent l’intégration progressive des technologies de surveillance auprès de cette population afin de prévenir davantage les chutes. La mise sur pied d’un projet de recherche d’envergure concrétise leur souhait de collaborer pour réduire le nombre de chutes sur le territoire et la gravité des traumatismes qui en résultent, tout en apportant un soutien aux aidants.
Ainsi, depuis l’été 2010, les chercheurs du Centre spécialisé de technologie physique du Québec (Solutions Novika) et du Cégep de La Pocatière travaillent conjointement avec des chercheurs de l’UQAR, des professionnels du CSSSK et des industriels, au développement de produits technologiques favorisant l’autonomie, la sécurité et le bien-être des aînés, particulièrement au niveau de la prévention des chutes. Cette collaboration permet de cibler les attentes de la clientèle, les opportunités technologiques et les conditions nécessaires afin de concevoir et de développer des produits permettant aux aînés de façonner leur avenir pour un vieillissement actif et sécuritaire.
Ce projet de recherche est en partie soutenu par le programme d’Innovation dans les collèges et la communauté (ICC) du Conseil de la recherche en science naturelle et en génie du Canada (CRSNG). Il est également important de souligner la remarquable contribution du CSSSK qui, malgré le fait que ce dernier ne bénéficie pas d’une subvention dédiée, a quand même souhaité prendre part à cette initiative dont bénéficiera très certainement la population en mettant à contribution l’expertise de ses ressources.
1. Agence de la santé publique du Canada, « Les chutes... victime ou témoin, sachez comment réagir », 2008.
2. Le CSSSK regroupe l’Hôpital Notre-Dame-de-Fatima ainsi que les Centres locaux de services communautaires (CLSC), les centres d’hébergement et les centres de jour de la région.
3. Ministère de la Santé et des Services sociaux, « La prévention des chutes dans un continuum de services pour les aînés vivant à domicile », Cadre de référence, Québec, ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, 2004.